Exploitations agricoles : types et caractéristiques à connaître en 2025

10 février 2026

Fermeur avec tracteur dans un champ de blé doré

Moins de 400 000 exploitations agricoles subsistent en France en 2025, alors qu’il y en avait près d’un million quarante ans auparavant. Cette chute progressive s’accompagne d’une croissance continue de la taille moyenne des exploitations, qui dépasse désormais les 70 hectares. Fait marquant : un quart des terres reste concentré entre les mains de seulement 4 % des exploitants.

Le revenu médian des agriculteurs demeure inférieur de 25 % à celui du reste de la population, et 18 % d’entre eux vivent sous le seuil de pauvreté. Dans ce contexte, le secteur agricole accélère l’adoption de technologies de précision et de pratiques agroécologiques, tout en faisant face à une disparité marquée des modèles et des revenus.

Panorama des exploitations agricoles françaises en 2025 : diversité et évolutions récentes

Le recensement agricole met en lumière un constat sans appel : la France compte aujourd’hui moins de 400 000 exploitations agricoles, alors qu’elles étaient plus d’un million en 1980. La concentration s’intensifie. Selon l’Agreste recensement, les 4 % d’exploitants les mieux dotés détiennent à eux seuls un quart des surfaces agricoles. La surface moyenne d’une exploitation a franchi le cap des 70 hectares, résultat d’une disparition progressive des plus petites structures.

La diversité du secteur perdure, mais elle évolue. Les exploitants agricoles se répartissent désormais en quelques grandes catégories : céréaliers, éleveurs spécialisés, exploitations mixtes, maraîchers. Les chiffres de l’INSEE, croisés avec ceux du service statistique du ministère, montrent une dynamique de regroupement en sociétés et une transmission de plus en plus fréquente en dehors du cercle familial.

L’âge moyen des exploitants s’établit désormais à 52 ans selon la MSA. Autre tendance : les plus de 60 ans occupent une place croissante dans la population agricole. Les transmissions restent compliquées, même si un souffle nouveau arrive avec des ingénieurs et des néoruraux qui redessinent lentement le paysage des exploitants.

Année Nombre d’exploitations Taille moyenne (ha) Âge moyen de l’exploitant
1980 1 000 000 23 47
2025 390 000 71 52

Les projections issues de la statistique prospective suggèrent que ces évolutions vont se poursuivre : le tissu agricole se recompose, les modèles s’adaptent, les territoires ruraux changent de visage. Les chiffres du rapport MSA et du dernier Agreste recensement le confirment : la mutation est bien réelle.

Quels sont les grands types d’exploitations et leurs spécificités aujourd’hui ?

En 2025, le paysage des exploitations agricoles françaises se structure autour de plusieurs critères : la taille de l’exploitation, l’orientation technico-économique et le niveau de production brute standard (PBS). Ces axes définissent les trajectoires et la capacité des exploitants à faire face aux défis du secteur.

Classes de taille et diversité des modèles

On peut distinguer plusieurs profils d’exploitations selon la production brute standard et l’orientation choisie :

  • Les petites exploitations, dont la production brute standard est inférieure à 25 000 euros, s’orientent souvent vers le maraîchage, l’arboriculture ou des productions spécialisées. Elles misent sur la vente directe et la diversification. Cependant, leur rentabilité reste fragile face à la moyenne du secteur.
  • Les exploitations moyennes se situent entre 25 000 et 100 000 euros de PBS. Elles regroupent des activités de polyculture-élevage, de grandes cultures ou d’élevage spécialisé. Leur rôle demeure central dans la production nationale, même si leur nombre décline peu à peu.
  • Les grandes exploitations, qui dépassent les 100 000 euros de PBS, dominent le secteur des grandes cultures ou de l’élevage intensif. Leur accès facilité à la technologie, aux marchés internationaux et aux équipements leur donne une capacité d’adaptation supérieure, tout en les exposant davantage aux fluctuations des marchés et aux exigences réglementaires.

La production brute standard permet de comparer des structures très différentes. Par exemple, une exploitation laitière de 60 vaches et une ferme céréalière de 200 hectares en Beauce n’affichent ni la même organisation, ni la même rentabilité. Le dernier Agreste recensement révèle une tendance nette : les plus grandes structures concentrent la valeur ajoutée, tandis que la majorité des exploitations confondues se situent autour du seuil de viabilité.

Innovations marquantes et projets d’avenir : ce qui façonne l’agriculture de demain

Une vague d’innovations traverse l’agriculture française, modifiant profondément le quotidien des exploitants. Selon le service statistique du ministère de l’agriculture, la robotique de précision n’est plus réservée aux grandes fermes céréalières. Désormais, des robots de désherbage et des capteurs connectés s’invitent aussi dans les exploitations moyennes, voire petites, modifiant les gestes et les habitudes.

La généralisation des outils numériques transforme la gestion des exploitations : logiciels de suivi des cultures, stations météo intelligentes, applications d’aide à la décision. La donnée guide le pilotage des activités, sans reléguer l’expérience ou l’intuition. D’après Agreste Primeur, plus de la moitié des exploitants interrogés se sont engagés dans une démarche d’optimisation numérique.

La statistique prospective met aussi en avant le tournant agroécologique pris par le secteur. Les projets d’avenir reposent sur la diversification des cultures, l’intégration de cultures intermédiaires et l’essor de la bioéconomie. Les agriculteurs s’approprient les mesures publiques, expérimentent, corrigent le tir. Cette évolution, portée par l’arrivée de nouveaux profils et la pression des marchés comme de la société, s’installe peu à peu dans le paysage.

L’innovation agricole ne s’arrête pas à la technologie. Les collectifs d’agriculteurs, coopératives et organisations de producteurs réinventent les circuits de commercialisation, misant sur la contractualisation, la montée en gamme et l’ancrage local. L’agriculture de demain se construit à travers ces initiatives, visibles dans la réalité quotidienne de milliers d’exploitants.

Jeune femme récoltant des tomates dans une serre

Revenus, précarité et niveau de vie des agriculteurs : où en est-on par rapport à la population générale ?

La question des revenus des exploitants agricoles reste un sujet central. Les chiffres de la mutualité sociale agricole (MSA) et de l’Insee soulignent des différences fortes selon les filières, la taille et la localisation des exploitations. Globalement, en 2023, les agriculteurs gagnent près de 20 % de moins que la moyenne nationale. Les variations des prix, les aléas climatiques et la dépendance à la politique agricole commune contribuent à ce fossé qui ne se comble pas.

La précarité frappe une partie du secteur. Près d’un quart des exploitants vivent sous le seuil de pauvreté d’après les dernières données de la MSA. Les jeunes installés et les petites fermes, notamment dans l’élevage ou la polyculture, sont les plus vulnérables. À l’opposé, certaines grandes exploitations céréalières, viticoles ou maraîchères s’en sortent grâce à la valorisation locale ou à la contractualisation longue durée.

Quelques chiffres clés permettent de mieux saisir la situation :

  • Revenu médian annuel des chefs d’exploitation : environ 16 800 euros (MSA, 2022)
  • Proportion d’exploitants sous le seuil de pauvreté : 24 % (MSA / Insee, 2023)
  • Ecart de niveau de vie avec la population générale : -18 à -20 % selon les sources

Le soutien familial, l’aide publique et la diversification des activités (tourisme rural, circuits courts) limitent parfois la casse. Malgré les gains de productivité et les sauts technologiques, la fragilité sociale reste un marqueur fort du quotidien de nombreux exploitants. Le vieillissement du secteur, lui, pèse sur la capacité à renouveler les modèles et à inventer d’autres chemins.

À l’horizon 2025, l’agriculture française se tient à la croisée des chemins : entre résilience, innovation, et défis sociaux, chaque ferme réécrit à sa façon le futur de nos campagnes.

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